MoiAussi

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Stella

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"robes de France pour mes amies d'Haïti"
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Témoignage de mon voyage en "Dominicanie", auprès des haïtiens,
 au cœur des bateys de Munoz.            novembre 2010

Je me posais de nombreuses questions, bien avant de préparer ce voyage auprès des haïtiens de République Dominicaine, sur l'existence d'hommes et femmes partageant notre Terre, mais ne jouissant pas des mêmes conditions de vie que les miennes. j'avais conscience, d'une certaine manière, de l'inégalité de nos vies, sans pour autant comprendre l'essence même de ces inégalités. la meilleure approche pour donner réponse à ces questions était de me rapprocher de ces Hommes et d'essayer, avec mon raisonnement et mes émotions, de comprendre un peu plus qui de ces Hommes et quoi de leur vie.

Je découvre en république dominicaine les multiples visages de ce pays des caraïbes.

Les paysages me réjouissent par leur luxuriante et infinie palette de verts et de lumière, la richesse de sa faune et surtout de sa flore, de ses fruits aussi sucrés que divers qui étourdissent les sens, d'une mer bleu bleue en dégradée turquoise d'un soleil qui refauche ma peau pâle ... une ballade en cheval, une promenade sur la plage de sable blanc, la féérique rencontre de dizaines de lucioles à la nuit tombée ... tout ceci est dépaysant accueillant et très chaleureux ...

Et puis il y a l'autre visage de la république dominicaine, ce pays en voie de développement, celui là même qui apportera réponse à certaines de mes questions.

Par mes activités de bénévolat au sein d'un collectif d'association rennais, je connaissais peu ou prou l'existence des haïtiens, mais ignorais totalement la vie des haïtiens de la "Dominicanie" qui sont ils et surtout comment vivent ils?

La bienveillante rencontre avec Bernard m'a donc amené au cœur des bateys de Munoz, ces camps de réfugiés haïtiens tout aussi pauvre et sordide que chaleureux et humain.

Comment pouvais je imaginer qu'une maison puisse être construite en tôles, miteuses planches de bois et terre battue; meublé de rien ou si peu et sans eau courante ni toilette.

Comment concevoir une intimité aussi bafouée et humiliante.

Que comprendre d'une vie où chaque pesos gagné est un pesos dépensé à survivre, que la nourriture s'achète à crédit, que les ventres gonflés de ces enfants nus pieds dans la boue sont des ventres qui demandent à manger.

Que penser d'un pays qui oubli une partie de sa population, ne lui apportant ni soin ni sécurité ni éducation?

Comment appréhender la rencontre avec ces Hommes ne sachant ni lire ni écrire, sans papier d'identité, ignorant jusqu'à la reconnaissance des lettres de leur prénom et de leur nom de famille.

Je m'étais certes préparée à des émotions fortes mais assurément pas aussi fortes; je n'imaginais pas que l'on puisse vivre dans un tel dénuement, dans un tel oubli, dans une si grande vulnérabilité et une si insoutenable précarité ....

Comment pourrais je oublier l'émotion qui m'a envahie en serrant dans ma main celle autre main noire ébène, vieillissante et tremblante, et l'accompagner à écrire son prénom et son âge : Antuan Adamis, 57 ans ....

Ce fut plus qu'un voyage, ce fut une Rencontre, mais c'est humblement, eu égard à la fragilité de leur existence et la chaleur de leur sourire, que je reconnais avoir pleuré la vie de ces haïtiens du batey de Munoz et que cette rencontre fut un très grand enseignement.